08 avril 2009
Les joies du VTT
Des blagues douteuses, un poisson d'avril tiré par les cheveux, du sport virtuel... J'en ai conclu qu'il était peut être temps de me remettre à parler de sport si je ne veux pas finir par passer pour un imbécile davantage fini que sportif..
Sur les chemins de traverse
Ce n'est pourtant pas faute de m'adonner à l'exercice physique. Ces derniers temps, je me suis certes contenté d'entretien à base de footings et d'une séance de vitesse hebdomadaire. Mais j'ai aussi fini par prendre mon courage à deux mains en allant dépoussiérer mon VTT sur les chemins et la piste cyclable du pays de Créon. Rien de bien folichon jusqu'à présent: une ou deux sorties par semaine dans ce joli coin de verdure situé à portée de fusil de mon quartier de Bordeaux Bastide. Mais ce programme aura suffit à me donner une nouvelle motivation pour commencer à dessiner la suite de ma saison sportive.
Un retour remarqué sur les rando VTT
C'est ainsi que j'ai profité de mon dernier week-end béarnais pour m'aligner à l'improviste sur la Rand'Orthez, une randonnée VTT ouverte au tout venant. Et c'est bien le cas de le dire car j'avais la nette impression de venir de très loin sur la ligne de départ. Il faut dire aussi qu'avec mon cadre rigide, mes trois demi patins de freins, mon dérailleur capricieux et ma selle mangée par un chien tordu, je me sentais un peu seul au milieu de ces superbes mécaniques. Surtout que parmi tout ce monde, un seul gugusse avait omis de se munir d'un casque et je ne vous dis pas lequel...
Je m'efforçais donc de ne pas trop me complexer face à cette exposition de matériel digne d'un rassemblement de tuning. Après tout, je peux toujours ergoter que je suis un puriste, un vrai de vrai qui privilégie les sensations originelles du VTT. Et puis si je ne suis pas un cycliste confirmé, question condition physique, je n'ai raisonnablement pas trop à souffrir de la comparaison face à la majorité du peloton. Ceci dit, cela ne m'a pas empêché d'être raisonnable pour ma première rando depuis 5 ans en m'alignant sur le circuit de 35 km plutôt que sur les 25 ou 45km.
L'audace, ça paie ... pas toujours...
Les premiers coups de pédales auront eu pour effet de me libérer de toutes ces interrogations. Ça roule gentiment, la discussion est facile et il y a du monde, beaucoup trop même avec 419 vététistes. Et c'est bien là le seul reproche que je peux faire aux organisateurs que de ne pas avoir donné des départs échelonnés. Car à l'approche des passages techniques, obligation est faite de poser un pied à terre et d'attendre 5 minutes pour pouvoir prendre son tour. Ce qui ne permet pas d'apprécier le tracé à sa juste mesure et, il faut l'avouer, est un peu à contre sens de la philosophie du VTT. Malgré ça, le parcours est très agréable et j'ai
pris mon pied en dépit de mon manque de maîtrise technique et surtout d'assurance en descente. Ce qui m'a d'ailleurs valu d'aller manger de la luzerne dans un champ fraîchement labouré en loupant un virage...
Je n'ai pas non plus pu m'empêcher de décrocher un petit sourire narquois devant ces superbes VTT arrêtés sur le bas côté par la faute d'un incident mécanique. Ah que j'étais fier de mon petit Peugeot à ce moment là. C'est que depuis toutes ces années, il a démontré une solidité à toute épreuve. Le problème, c'est que je n'ai pas rigolé bien longtemps. Le temps pour mon câble de dérailleur de s'effilocher en s'enroulant dans ma cassette. Je me retrouve alors dans l'impossibilité de changer de rapports à moins de descendre de ma monture et de procéder manuellement. Pas très pratique et puis surtout, ça donne un de ces styles...
Après le premier ravitaillement, un nouveau bouchon m'a convaincu de faire demi tour et de rentrer via le circuit de 25 km. C'est que non seulement j'allais finir par mettre ma petite famille en retard pour un barbecue amical mais je sentais l'odeur de la galère roder insidieusement autour de moi. Bien m'en a pris car j'ai ensuite profité d'une circulation fluide et de superbes chemins avec une vue imprenable sur le pays orthezien. On passera donc sous silence que j'ai un peu morflé dans les côtes avec mon pignon fixe qui n'aurait pas dépareillé sur un vélodrome.
Vers de nouvelles aventures
Au final, je suis une fois de plus bien content de mon aventure. Si la nécessité de participer aux interclubs d'athlétisme en mai va me contraindre de retravailler les bases en course à pied, je suis décidé à continuer de rouler à travers la campagne. J'ai bien quelques randonnées en ligne de mire comme le raid du pays de Creon ou le raid des cimes à Mauléon). Mais d'ici là, il va me falloir m'attaquer à une révision en règle de mon VTT si je ne veux pas devenir le Mic Bordelais. Mais bon, il me faut bien l'avouer, depuis deux jours, j'ai commencé à regarder les VTT d'occasions. C'est que finalement, ça m'a l'air pas trop mal ça les semi rigides...
Pour ceux que ça intéresse:
- le calendrier des randos VTT 2009 Pyrénnées Atlantiques et Landes.
- Le calendrier des randos VTT 2009 en Gironde sur le très fonctionnel site Rando VTT 33.
Illustrations: Chemin de campagne en VTT de speedd 200, vidéo du parcours Rand'Orthez 2009 par VTT Orthez
16 décembre 2008
Tout en finesse le cross de Portets
Ce week-end, je m'en suis allé faire un cross à Portets, un village de bord de garonne bien ancré dans le vignoble des Graves, à mi-chemin entre Bordeaux et Langon. Au menu de ce petit cross champêtre, un circuit qui serpente autour d'un plateau sportif et fait une petite incursion dans les bois. Rien de bien méchant si ce n'est quelques relances, deux fosses abruptes à monter et descendre ainsi qu'une centaine de mètres en "ski de bosses". Cette petite course s'annonçait assez sympathique, une bien belle occasion pour courir zen, en souplesse avant le cross de Bègles dimanche prochain. Sauf que...
Sauf que pour la souplesse et la zen attitude, ce n'était pas vraiment ça. Toujours est-il qu'au bout de 500 mètres de course, je me demandais si je n'étais pas un peu couillon d'être venu avec le mental d'un touriste. Il n'y avait peut être que 23 coureurs au départ mais il y avait de très bons coureurs dans le lot. Et mieux que ça, des petits jeunes qui se font un malin plaisir à secouer le peloton en partant comme des balles.
Je disais donc qu'au bout de 500 mètres de course, je sortais de ma lethargie en me demandant dans quelle p... de galère je m'etais embarqué. Bien heureusement, ma foulée a trouvé celle de Joël Grigis pour remonter quelques places et faire la course à deux. Mais cela ne s'est pas fait sans mal et je crois bien avoir passé une charmante demi heure à en ch... dans le froid. Une vraie course de bourrin je vous dis. Au final, je finis 7ème de ce cross remporté par Jean Marc Jousseaume. Et si j'ai le sentiment d'aller de mieux en mieux, qu'est ce que cela peut bien être fastidieux...
Surtout qu'il y a des jours où je me demande si on ne se fout pas de ma gueule. Initiative rare sur les cross, chaque arrivant a été recompensé par une bouteille de vin des Graves à l'arrivée. Tout le monde n'avait pas la même bouteille et il a fallu que je reparte avec une cuvée nommée "Finesse de Portets"...
Illustration pêche aux carrelets: ro_lo_be, sous licence Creative Commons
01 décembre 2008
Cross de Gujan: la marée était belle
Sale temps à Gujan-Mestras ce week-end: de la pluie, du vent, du froid avec cependant quelques éclaircies alors que, parait-il, une tempête était dans l'air...Après quelques hésitations, j'ai finalement pris la route du bassin pour une belle rincée.
Il suffit de choisir la bonne course...
Ce qu'il y a de bien dans cette grande messe régionale du cross qu'est Gujan, c'est qu'il y a du choix. Avec 32 courses au programme pendant deux jours, il y a de quoi se décider en fonction de la forme et de la motivation du moment. Certaines années, je me suis ainsi lancé avec fantaisie dans le vetathlon (cross et VTT) ou bien encore la course d'orientation.
Mais allez savoir pourquoi j'ai décidé de m'aligner cette année sur le cross court. Cette course de 4,100 km est plutôt rapide puisque habituellement emmenée par des gars qui courent le 1500m en moins de 3'50". Même si le niveau est assez hétérogène derrière eux, j'avais l'assurance de me faire secouer par un départ ultra rapide et une course asphyxiante. Et pour tout dire, c'est un peu ça que je suis venu chercher.
Le cross court, ça décoiffe
Au coup de feu, ça n'a pas loupé. L'espace d'un instant, j'ai cru que la marée allait partir sans moi. Et il a fallu que je m'applique un peu pour me placer et ne pas me noyer avant même le début des festivités. Puis, en vieux loup de mer, j'ai préféré jugé prudent d'attendre que le coup de grain passe pour prendre le bon vent.
Bien m'en a pris car au bout du premier tiers de course, j'ai enfin pu rajouter un peu de voilure et trouver mon rythme de croisière. Tant et si bien qu'à force de remonter la flotte, je commençais à me sentir pousser des ailes.
Mais à l'amorce du dernier tiers, j'ai bien senti que mes muscles avaient eu leur dose d'acide lactique, ce qui a eu pour effet de me ramener sur terre. Tout en regardant mes lièvres s'éloigner, il a bien fallu que je me démerde pour rentrer au port sans perdre trop de temps. Au final, je finis en 14'17" à la 30 et quelque et unième place (classement à suivre) d'une course qui a vu la surprenante deuxième place du tarbais Nicolas Fernandez devant de nombreux spécialistes du court.
Une fois de plus, je suis bien content d'être venu car je m'attendais à pire et surtout, ça fait du bien de varier les plaisirs. Et s'il faut tirer des enseignements de cette course, je dirais que je devrais peut être passer un peu moins de temps devant mon Vendée globe virtuel pour aller m'entraîner davantage...
Illustration: Charles B.
24 novembre 2008
Les (z)héros sont fatigués
Du vrai cross
Je n'ai pas trouvé meilleur titre à cet article pour résumer le sentiment qui prédomine au lendemain du cross de Cenon Palmer. Il faut dire aussi qu'entre un Jabato certainement mieux préparé et, surtout, équipé pour la chasse et une petite nature qui se remet d'une quinzaine souffreteuse, le duel s'annonçait beaucoup moins volcanique qu'annoncé sur la ligne de départ. D'autant plus que la grisaille ambiante et le maigre peloton d'une trentaine de coureurs ne risquait pas d'électriser les débats.
Qu'à cela ne tienne, au coup de feu le naturel reprenait le dessus et chacun de nous deux s'empressait de placer ses pions. En un mot comme en cent, j'ai fait en sorte de ne pas partir trop lentement pour mettre un chouïa de pression sur le Jabato. Mais cela ne semblait pas trop l'impressionner puisque je sentais le souffle chaud de ce cochon de sanglier sur mes chaussettes. Tant et si bien qu'au bout de cinq minutes, j'ai bien eu peur que le duel tourne très rapidement en ma défaveur mais visiblement, il n'était pas non plus dans un grand jour. A l'arrivée, à peine un peu plus d'une minute et 4 places (6ème et 10ème) nous séparait après 9100 m. Mais un même constat: superbe parcours sans une once de plat où il faut gérer son effort pour ne pas exploser. Avec la grande satisfaction d'avoir pris du plaisir alors que rien ne nous y engageait. Et comme je suis un petit peu narcissique, je me suis amusé à faire un petit découpage photo qui résume bien ce grand moment d'anthologie sportive. Oh que j'aime ça de voir le Jabato en arrière plan..
Prends en donc de la graine de sportive !
Si on a coutume de dire que c'est dans la défaite qu'on reconnaît les champions, ce n'est pas les graines de sportives qui vont faire démentir cet adage. Pour les ignares et autres incultes du calendrier sportif, la course en escarpins se déroulait ce vendredi 21 novembre. Et non contentes d'avoir été éliminées d'entrée de la façon la plus cruelle qu'il soit, nos pouliches n'ont pas oublié de prendre du plaisir et de profiter de ce moment à sa juste valeur. Au contraire semblerait-il de certaines de leur adversaires... J'en profite pour les remercier pour nous "avoir fait rêver" et, surtout, pour avoir parlé de nous comme '"un blog de garçons" dans un récent billet (Jour J. Angoisse intense). Aussi, j'ai pensé qu'elles ne m'en voudront pas d'avoir recopié la vidéo de leur course:
Video: Graine de sportive.
Illustrations: Michel et Bernard (alias Don Quichotte 33 )
30 septembre 2008
Marathon de Zaragoza: récit d'un comique
De retour d'un weekend end fort sympathique à Saragosse, petit récit en long et en large de mes exploits.
Reçu comme des rois
Non content d'avoir un sens de l'hospitalité bien prononcé, notre hôte Juan connaissait nos préoccupations puisqu'il courrait, il y a quelques années de cela, le marathon en 2h38. On ne pouvait donc pas rêver meilleur accueil et l'avant marathon a été des plus agréable. Repas, reconnaissance du parcours, mise en jambes, sieste, dossards, ballade dans une jolie ville, chambrage, etc...: tout roulait comme sur des roulettes et surtout, avec zéro prise de tête. A part peut être quelques soucis avec les bus et les claviers espagnols...
Le jour de gloire est arrivé
Je crois que c'est un peu de ça que j'ai ressenti sur la ligne de départ. J'étais zen et prêt à me caler sur l'allure impartie aussi longtemps que je pouvais tenir. Et j'étais prêt à serrer les dents quand il le faudrait. Aussi, quand le départ a été donné, mon seul souci a été de me placer et de chercher à retrouver l'allure éprouvée à l'entraînement, sans à coups. C'est ainsi que je n'ai pas vu la borne du premier kilomètre, ni même Jabato que j'aurais, paraît-il, doublé à ce moment là.
Chi va piano, va sano e va lontano...
Premier coup de théâtre au 3ème kilomètre, un arrêt pipi dont je me serais bien passé. Mais contrairement à mes habitudes, cela ne m'a même pas agacé. Je me sentais bien, à cette allure de 3'45" au km, à l'évidence ma préparation m'avait donné de la caisse. Mais très vite, à partir du 5eme km, un mal aux cuisses inhabituel commençait à m'inquiéter. Je n'ai pas hésité à réduire mon allure pour chercher avant tout le relâchement. Je passe en 38'25" au 10eme km, 55 secondes de plus sur ce que j'avais prévu. Mais je suis dans mon truc et cela m'importe peu.
Les choses se compliquent...
Le 15eme km est passé dans le même esprit en 58''. Mais ce foutu mal de jambes ne fait qu'empirer et ne laisse rien présager de bon. Le souvenir de Ciudad Réal et de son fameux mur du 17eme me trotte dans la tête...Et au 18ème après un long faux plat, c'est l'alarme...Obligé de réduire la foulée pour éviter la catastrophe. Aussi, je passe en 1h22' au semi en ayant tiré un trait sur mes ambitions chronométriques, espérant courir le deuxième semi en 1h40.
Le chemin de croix
Malheureusement pour moi, je n'ai pas trouvé d'autres qualificatifs pour résumer la suite de mon marathon... 1km plus loin, plus moyen d'avancer, le mal aux cuisses est trop prenant. Et mentalement, je suis dans le trou car je sais que c'est le début d'un calvaire, à alterner pendant 20km marche et footing pour espérer arriver au bout.
Un peu plus tard, Jabato me double en me demandant ce qu'il m'arrive... Je me dis "Comme à Ciudad Réal" et ça me fait marrer... Mais plus je le voyais s'éloigner, plus je riais jaune à l'idée de ce qui m'attendait...
Et plus les kilomètres défilaient, plus c'était dur. Je crois bien que j'alternais 10 minutes de marche pour 2 minutes de footing... J'essayais de m'accrocher aux sourires des spectateurs comme autant de bouées mais rien n'y faisait. Là, j'étais servi: c'était le moment de serrer les dents...
Ressuscité par la magie du marathon...
Au 35ème, je n'en voyais plus le bout de ce marathon, même la marche était devenu un calvaire. J'en étais réduit à finir les 7 derniers kilomètres en marchant et j'avais accepté mon sort. Sauf qu'un groupe de spectateurs a semblé le remarquer et en a décidé autrement. Ils se sont mis à m'encourager très fort. Pas besoin de comprendre l'espagnol pour ressentir dans leur regard une sincérité et un enthousiasme touchant. Et, je ne sais pas ce qui m'a pris mais je me suis senti obligé de leur répondre:
- Pour vous, je vais recourir
Et je me suis mis à recourir. Mes anges gardiens m'ont acclamé, ce qui m'a donné un coup de fouet. Et miracle, j'ai réussi a avaler ces 7 derniers km quasiment sans m'arrêter de courir. Je finis en 3h26 minutes, bien loin des 2h38" espérés, à la 306ème place. Si seulement ces spectateurs savaient combien ils ont pu m'aider à arriver au bout de mon chemin de croix et combien je les en remercie...
Sous la douceur de la vierge del Pilar
S'il y a une chose qui est bien dans ces galères, c'est après, une fois que c'est terminé. C'est très con à dire mais c'est tellement vrai...
Et je crois que ce n'est pas la peine de faire quinze phrases pour dire combien j'ai apprécié le massage d'après course, ce repas chaleureux dans la famille de Juan, cette sieste réparatrice et surtout, ces bières et ces tapas engloutis dans les bars de Saragosse..
L'analyse du comique
Pour ce qui est de l'analyse de la course, je me demande s'il ne faut pas plutôt une psychanalyse... Je reste persuadé que ma préparation m'avait donné les armes pour courir en moins de 2h40. La dernière course de préparation à trois semaines du marathon et le dernier test allaient dans ce sens. C'est juste que les évènements des quinze derniers jours ont perturbé ma préparation et surtout ma récupération. C'est cruel de sortir aussi vite de la course mais ça fait partie du jeu...
Et puis, je crois que ces sorties de routes sont parfois inévitables, malgré tout le sérieux et la passion que j'ai pu mettre dans une préparation solide. Il reste néanmoins une satisfaction: même dans un jour sans et en grande difficulté, je suis allé au bout de ce marathon.
Mais je reste motivé, je vais bien finir par arriver à mes fins sur cette distance... Surtout que ça fait trois ans que je fais un marathon annuel avec Jabato et pour l'instant, le score est de 3-0 en sa faveur... Et ça, ça commence à m'énerver...
