Le sportif imbécile

Et pourquoi tu cours ?

27 avril 2009

Le retour au stade

Enfin! Après 3 mois d'absentéisme forcené, j'ai retrouvé le chemin du stade. Ce n'était pourtant pas bien loin, ni bien compliqué. Mais depuis que j'avais décidé de courir à la carte, je commençais à me demander si j'allais finir par y remettre les pieds avant l'été.

Rendez vous avec Maître chrono

piste_athletismeCe matin là, je ne me suis pourtant pas levé dans une forme et encore moins dans une humeur exceptionnelle. Mais à moins d'une semaine des interclubs, il m'était préférable de refouler le tartan au moins une fois ou deux avant l'échéance, histoire de me rassurer ne serait-ce que sur mes capacités à franchir la ligne d'arrivée... C'est que depuis que j'avais pris la clé des champs, j'effectuais certes une séance de vitesse par semaine mais tout à la sensation et sans aucune référence de distance: des 30/30, des 1/1, des 1/2/3/2/1, etc... Et pas la moindre envie de m'etalonner sur une piste.

C'est donc comme guidé par un instinct de survie que j'ai commencé à trottiner sur la pelouse de Cenon Palmer. J'avais comme l'impression d'être anesthésié, imperméable à toute sensation. Je m'étais seulement mis en tête d'aller au bout de ma séance: 10x400m relâchés avec 1 minutes de récupération. J'ai même abrégé mon échauffement pour entrer plus vite dans le vif du sujet. Quelques étirements et trois lignes droites plus tard, j'étais alors prêt à m'envoyer le morceau. Et si je me présentais à la hussarde sur la ligne de départ, je n'ai pas pu faire l'économie d'une brève sensation de vertige au moment d'enclencher mon chrono. Tel un aventurier, j'appuyais aussitôt sur ce foutu bouton et lançais mon pied dans le vide.

Un sale quart d'heure plus tard

interclubs2008Je trottine à nouveau autour de la pelouse, la tête et les jambes engourdies par l'effort. Je me sens déjà comme apaisé d'avoir parcouru tout ce chemin. Ce n'était donc pas si compliqué que cela d'affronter la vérité du chrono. Surtout qu'avec des 400 en 1'15-1'13, j'ai pu constater que mes petites séances en nature m'auront permis d'entretenir la condition.

Pour le relâchement, on repassera. J'étais quand même un petit peu juste dans les 30 derniers mètres. Alors, je me suis arrêté après le 6ème... J'en suis pas spécialement fier mais je n'avais pas particulièrement envie de finir comme un bourrin. Du coup, je ne vais  surtout pas trop m'enflammer à quelques jours d'un 5000m ou d'un 3000m steeple: moins de 17' sur le premier ou 11' sur le deuxième me remplirait d'aise. Pour le reste, il faudrait déjà que je pense à revenir au stade. Et ça, c'est une autre histoire...

Photos: Piste athlétisme de Coasterman et le sportif imbécile: USCRD Athlétisme

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07 mars 2009

Dans le droit chemin

P3060012J'en étais au point de me dire que pour lutter contre les pannes de motivation, il n'y a rien de tel que de se faire plaisir en prenant des chemins de traverses. Le VTT, les courses de montagne, les raids multisports....: il y a l'embarras du choix et pour moi c'est toujours le chemin le plus sûr pour retrouver l'envie de lutter contre ses chronos. Mais force est de constater que lorsque je n'ai pas de véritables objectifs, je tourne en rond et je ne sais plus trop sur quel pied danser.

Et lorsque j'ai vu ce panneau en rentrant d'un footing pas bien convaincant au bois de la Burthe, je me suis dit qu'il était peut être temps d'arrêter mes divagations et de me fixer de nouveaux challenges. Parce qu'à ce rythme là, j'ai la nette impression que ce sont plutôt des lendemains douloureux qui m'attendent...

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23 février 2009

Le coup de la panne

Courir, ça sert à rien

crev_2Ça fait toujours bizarre de se pointer les mains dans les poches sur une course que l'on est sensé courir. Toujours cette sale impression de s'être débiné. En même temps, ce n'est jamais bien facile de se raisonner quand la machine commence à donner des signes de fatigue. On fait le dos rond jusqu'au moment où on ne peut plus rien. Et c'est là qu'on sort notre bon vieux coup de la panne avec pour seuls commentaires: "lessivé", "fatigué", "plus de plaisir"...

C'est bien ce qui m'est arrivé en débarquant qualifié mais non inscrit aux interregionaux de cross à Trélissac (24). Cette course devait logiquement être le point final de ma saison de cross. Je comptais bien gérer cette dernière progressivement, histoire de me faire plaisir après avoir noyé mon moteur au marathon de Saragosse fin septembre. Un début de saison tranquille jusqu'au cross de Bègles fin décembre m'a donné la nette impression de m'être remis en marche avant.

Mais il aura fallu que les championnats de Gironde de cross se disputent début janvier à Bassens, une ville connue pour ses dépôts de carburants, pour que je connaisse un joli coup de pompe. Après avoir mis une semaine pour me remettre de cette bonne blague, la reprise fut très laborieuse mais animée par un esprit revanchard. Ça tombait bien: les championnats d'Aquitaine de cross se déroulaient autour du circuit d'auto-cross de Faleyras (33). Qu'à cela ne tienne et malgré toute ma bonne volonté, les réservoirs étaient vraiment à sec. Non pas que pas que je sois trop déçu du classement (47ème sur 92) mais plus sûrement pour cette nette impression d'être complètement vidé avant même les premières difficultés. En gros, de me sentir comme un boxeur compté K.O. deux fois consécutivement.

Et après une nouvelle semaine passée à me bidonner, j'en ai conclu qu'il était peut être temps d'être un sportif raisonnable. Et de mettre à l'ordre du jour du repos, une visite chez le mécano et un "tirage de rouge à la barrique", comme dit si joliment Jabato. En voilà une bonne chose de faite. D'ailleurs, je connais un canadien qui me conseillerait carrément d'arrêter la course à pied et parfois, je me demande s'il aurait pas un peu raison...

Un blog aussi ça sert à rien

faleyras1Ce n'est pas tout de raconter mes déboires parce que c'est bien vrai que ce n'est pas qu'il y a de plus passionnant à lire. Surtout venant d'un expert ès coup de la panne (toute la subtilité est dans le dosage pour ne pas lasser Jabato mes auditeurs). Mais si j'en viens là, c'est qu'à l'instar du coureur, le sportif imbécile blogueur pédale lui aussi dans la semoule depuis fin décembre et un changement de rythme de vie.

Et pourtant, les voyants étaient au vert, avec du plaisir à écrire trois fois rien, des projets en pagaille, un joli nombre de visiteurs quotidiens et surtout le sentiment de découvrir progressivement l'essence même d'un blog. Parce que le plus grand plaisir que m'a apporté ce blog, c'est de découvrir celui des autres, notamment grâce aux digg-like (Wanarun, Blogasty, Scoopeo,...). Quand j'écris un billet, je le fais avec mes maladresses et ma naïveté, mais avec l'envie de livrer une partie de ma pensée. Et si j'apprécie les commentaires sans en faire une finalité (il y a d'ailleurs des blogs qui marchent très bien sans la seule trace d'un commentaire), il n'y a rien de plus agréable que d'en laisser régulièrement chez les autres parce qu'on y apprécie un petit quelque chose.

Rien que pour ça, je me dis que tant que l'envie est là, ça vaut la peine de relancer la machine. Ça durera peut être ce que ça durera mais ça vaut toujours mieux que de rester amorphe. Suffit juste de doser son coup de la panne je vous dis...

Et en passant, quelques adresses assez sympathiques à mes yeux: Tertulia sporting club, MadRunner, Ca m'en touche une sans faire bouger l'autre, Gaby du 17, Pays des Olonnes 85, Sylvain Drapeau, Travailleur du web, Courir c'est pour les nazes, etc et j'en oublie... et bien evidemment chez mes amis les montagnards Jabato et Mic.

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08 octobre 2008

Octobre: récupération et houblon

Rien ne sert de courir...

Même s'ils se sont conclus par une débandade en règle, les trois derniers mois d'entraînement axés sur le marathon m'ont apporté beaucoup de plaisirs et de nouvelles motivations.  Et ce, parce que j'ai le sentiment d'avoir retrouvé quelques sensations que j'avais un peu oublié ces dernières années.

Aujourd'hui, l'heure est à la régénération avant de préparer la nouvelle saison 2008-2009, qui débutera par les cross. Au mois d'octobre, l'objectif est donc de récupérer tout en effectuant un travail d'entretien pour conserver les acquis de la préparation du marathon. Trois séances par semaine maximum à base de vitesse, ppg et footing sont au programme, et peut être même un 10km le 19 octobre à Pessac. Ce ne sera pas le grand truc pour moi ce jour là mais l'essentiel est de ne pas se démobiliser.

Du houblon pour les championsPoints_alcool

Vous savez bien que pour activer ma récupération, j'ai coutume d'utiliser un produit miracle à base de houblon. Comme beaucoup d'entre vous, je loue ses vertus diurétiques qui favorisent l'élimination des dioxines.

Il paraîtrait que la bière, puisqu'il s'agit bien d'elle, favoriserait plutôt la rétention d'eau. A cela, je répondrais que le plaisir qu'elle nous apporte est tel qu'il efface toute trace de fatigue. Vous l'avez compris, quand je bois une bière, je fais comme vous: je la savoure et je pense pas bien loin.

C'est ainsi que j'ai remarqué l'apparition d'un nouveau pictogramme sur les bouteilles. Il indique le nombre d'unités d'alcool et nous renvoie au site www.2340.fr. Je me suis demandé ce qu'il en était et j'ai même pensé à des points à collectionner pour gagner un pack gratuit.

Renseignement pris, il s'agit d'une campagne de prévention contre l'abus d'alcool. Cette unité d'alcool est un repère pour évaluer notre consommation au regard des seuils de risques. Et il apparaît que nous avons "droit" à:

  • 2 unités d'alcool par jour pour les femmes (...)
  • 3 unités d'alcool pour les hommes
  • 4 unités d'alcool pour les situations à risques et les occasions.
  • 0 unités, un jour par semaine.

Et ils ont vraiment pensé à tout puisqu'ils précisent bien à l'attention des petits malins que le crédit d'un jour sur l'autre n'est pas possible. Ce qui est chouette sur ce site, c'est qu'il y a un calculateur d'unités en fonction de la nature et de la marque de l'alcool que tu as bu. Dommage qu'il ne soit pas encore au point, c'est un outil très pratique pour compter les points unités. Et ainsi optimiser notre récupération.

Je sais c'est pas bien de dire ça, l'alcool est mauvais... Et puis, de toute façon, c'est bien la première gorgée de bière qui est la meilleure.


Découvrez Massilia Sound System!

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06 octobre 2008

L'après marathon: la méthode Coué

"Tous les jours et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux"...

Il y a de ces jours où l'on se dit que "ça rigole pas", que "ça veut pas le faire", que c'est "la faute à pas de chance", que "ce sera pour une prochaine fois", etc... Et à force de se le répéter, on finit par s'en accommoder un peu trop rapidement dès que tout part un peu de travers.

Le_beau_c_peSi je vous parle de cela, c’est que hier je suis allé aux cèpes. Et j’en ai trouvé… un. Mais avant même de remonter dans la voiture, je redoutais certaines railleries. Du style : « après avoir fait le clown sur le marathon, tu vas le faire dans les bois ? » … « t’as fait rire les oiseaux et chanter les abeilles ? »…

Et bien, plutôt que de regarder le bout de mes chaussures ou inventer une cueillette miraculeuse, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes. Oui, je suis allé aux cèpes et je n'en ai trouvé qu'un. J'en suis même plutôt assez fier puisque c'est la première fois que je ne rentre pas bredouille depuis presque dix ans.

Là, d’un coup, je me sens bien mieux. Cette cueillette m’a redonné un moral conquérant. Aujourd’hui, je n’ai aucun mal à visualiser la découverte future d'une douzaine de cèpes et encore moins à m’imaginer attendre Jabato à l’arrivée d’un marathon. Comme on dit après une victoire pénible au football, il y a des victoires qui valent plus que trois points.

Le haras de la Grézère: coaching gagnant et cross à l'ancienne.

C'est donc tout ragaillardi par la découverte de mon cèpe que la ballade champêtre s'est prolongé jusqu'à Coimères, au haras de la Grézère. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il sera le théâtre du 2ème cross du Stade Langonnais Athlétisme, le 11 novembre. Je n'avais pas prévu de courir à cette date mais il faut bien avouer que depuis hier, j'ai bien envie d'y mettre le dossard.Tout simplement parce que le parcours s'annonce magnifique. Rude mais bien dans la tradition des cross à l'ancienne.

A cela il faut ajouter un cadre épatant. Ce haras propose des classes vertes, journées natures mais aussi du coaching d'entreprise et des stages sportifs. Et là où réside son originalité, c'est dans l'aménagement du cadre et des activités proposées. Des travaux d'Hercule, des parcours dans les arbres, des jeux dans les bois, de la musique, des cabanes en brande pour la nuit... D'ailleurs, pour se mettre dans l'ambiance, il faudra aller retirer son dossard dans l'étable, au milieu des bottes de foin.

Bref, je suis emballé et il n'y a pas à dire, la méthode Coué pour un marathonien, c'est un véritable remède de cheval.

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26 septembre 2008

Marathon J-2: direction Zaragoza

maraton_expo_zaragoza_el_corte_ingles_SmallEnfin, on y est!

Depuis le temps que je me prépare à cet effort si particulier, cela fait du bien de sentir l'échéance approcher. Quand tu as fait le nécessaire pour te préparer, que tu acceptes le risque de l'échec, c'est vraiment agréable de ressentir l'appréhension te gagner. C'est un plaisir égoïste et sans cela, courir serait bien triste.

Bien sûr, au bout, il y aura un sentiment diffus, jamais vraiment de la déception, ni une satisfaction totale. Mais ce qui importe, c'est surtout d'avoir vécu cette histoire avec toi même et avec tes compagnons de galère, d'avoir ressenti des émotions contradictoires tout au long de cette aventure de trois mois.

Et je vais arrêter ici ma philosophie de comptoir car sinon, dimanche, au 35eme kilomètre, je vais me demander ce que j'ai bien pu raconter comme c.... sur ce blog.

Pour en revenir à la course, ma dernière séance test a finalement été repoussé à J-7. Elle m'a rassuré quant à ma capacité de partir sur l'allure ciblée, soit 2h38. Après, c'est la gestion de la course et la forme du jour J qui feront le reste. Aléa jacta est et pourvu que je ne parte pas comme un âne...

J'oubliais de mentionner le super programme concocté par Jabato. On part ce soir à Saragosse, ce qui va nous laisser le temps de profiter de la ville demain. Et puis, surtout, dimanche soir, on reste sur place. Il a beaucoup d'amis dans la capitale aragonaise et la bière est pas bien chère. Aléa jacta est et pourvu que je ne finisse pas comme une andouille...

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19 septembre 2008

Marathon J-9: le doute

le_doute_2005_1_3 mois que je prépare ce marathon, que je reste concentré sur mon affaire sans trop faire cas des inévitables évènements contraires.

Et voilà pas qu'à J-15, une rhino-pharingyte dont je me serais bien passé vient mettre les bazar dans mes certitudes. Suffit de 5 jours sans pouvoir courir et de louper 2 séances importantes qui finalisent la préparation pour me les peter de trouille...

C'est fou comme en 5 jours on peut oublier des sensations si durement acquises en deux moi et demi... Tout ça pour dire que hier, j'ai fait une séance de remise en jambe (footing, ppg et rythme) sans grande conviction. Et aujourd'hui, place à la dernière séance test. Autant dire que je n'y pars pas la fleur au fusil...

Vu que je me suis lamenté sur le blog dès mon premier article, je m'attends à quelques commentaires de bienvenue à l'endroit de ma petite nature. Seule réponse que je peux avancer: c'est tellement excitant cette remise en question permanente.

Illustration: Brigitte Aubignac, Le doute. http://www.brigitte-aubignac.com/ 

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15 septembre 2008

Et pourquoi je cours ?

- T'es qui toi ?P8070013

- Erwan, j'ai 32 ans. J'habite Bordeaux Bastide, rive droite.

- Et tu fais quoi comme sport ?

- Je cours, depuis 20 ans.

- Tu cours !! Tu cours où ?

- ça dépend, un peu partout.. en forêt, sur des chemins, en montagne, sur route, sur piste...

- Et pourquoi tu cours ?

- ....

Quel coureur à pied ne s'est pas retrouvé au moins une fois complètement désarmé devant LA question qui tue?

Même avec toute la bonne volonté, difficile de faire ressentir spontanément en 5 minutes toute les émotions qui motivent les foulées des Forrest Gump. Celles d'un homme qui, quand il chausse ses runnings, retrouve en lui l'enfant qui a rêvé en jaune devant Ronan Pensec, a pleuré pour les 8 secondes de Laurent Fignon, accompagné fievreusement la longue foulée de Marie José Perec jusqu'à la delivrance olympique.

Alors, souvent on répond au plus simple, quitte à passer pour un allumé, un masochiste de l'effort, un affamé de gloriole éphémère et de jambons, un doux rêveur...

C'est un peu de cette quête éperdue que je vais essayer de partager dans ce blog. Et si j'emprunte le sobriquet du sportif imbécile à Brassens, qu'on veuille bien me le pardonner. C'est qu'il avait parmi sa bande d'amis Setois, un des plus beaux palmares du triple saut français, Eric Battista. La légende raconte qu'il prenait un malin plaisir à l'appeler "le sportif imbécile". Et malgré les apparences, je trouve ce surnom affectueux...

Posté par Air 1 à 23:50 - Le divan - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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